La aux intérêts de sa caste, ne font qu’accentuer

           La
Chaumière indienne (1790),
est un charmant petit conte philosophique. C’est l’histoire d’un voyage curieux
fait par un savant anglais, partant à la recherche de la vérité. Après avoir
traversé l’Europe, visité des bibliothèques, des académies, vu des savants de tous
les pays, et avoir compulsé les textes de toutes les sciences, il arrive au
Bengale, où il s’entretient avec un grand prêtre Brahmane. Mais  les réponses
de celui-ci, qui correspondent le mieux aux intérêts de sa caste, ne font
qu’accentuer sa déception. Surpris par une tempête, le savant acquiert une
hospitalité très humaine dans « la chaumière »  d’un hère caché au cœur de la forêt : l’intangible
fait à ses interrogations des répliques si lucides, qu’il saisit que l’authenticité
ne demeure pas dans l’esprit troublé par l’affection de la vigueur et du désir,
mais dans un cœur simple dépourvu de tout égoïsme et qui se  purifie au  contact de la nature. Nous y trouvons la
sensibilité si spécifique de Bernardin
épris d’idéal et de vertu. Il s’agit en contrecoup d’un encensement de l’humilité
et de la spontanéité, face au pouvoir, à la prescience, et  à la vie tout naturellement.

       La
Chaumière indienne est une improvisation née d’une veine heureuse,
est la mise en scène de cette pensée qui reparait dans plus d’un passage des
« Études de la nature » :
« Il faut chercher la vérité avec un cœur simple ; -on  ne la trouve que dans la nature ». Pourquoi ajoute-t-il : « On ne doit la dire qu’aux tiens de
bien ? Propos de misanthrope. Qui a plus besoin de la vérité que le
méchant ? Et qui la lui donne si ce n’est l’homme de bien ? J’aime
mieux la réflexion qui clôt  le
récit : «  on n’est heureux qu’avec une bonne femme».

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           La Chaumière
indienne parut
en 1790, deux ans après « Paul et Virginie », le récit
rousseauiste moyennant lequel Bernardin
s’était rapidement fait un nom auprès du grand public épris d’exotisme et de
sentimentalité. Cet ouvrage  eut beaucoup
moins de résonance que l’histoire des deux enfants innocents dans « l’Ile de France », probablement car
il s’agit d’un récit qui manque du mordant de la plupart des contes
philosophiques du siècle des Lumières. Dès
l’époque de son séjour dans l’Ile de France, Bernardin avait rêvé d’un
voyage aux Indes, afin d’y fonder une société parfaite, basée sur les idées
éclairés des philosophes français et sur la morale chrétienne : « Si la philosophie est venue
autrefois des Indes en Europe », écrit –il dans l’avant-propos de La
Chaumière indienne, « pourquoi ne retournerait-elle pas aujourd’hui
de l’Europe civilisée, aux Indes devenues barbares à leur tour. N’ya-t-il
pas à comparer et à surveiller la qualité du papier, à indiquer les dessins que
doit exécuter l’artiste qui a été préféré pour telle raison qui suppose des
connaissances spéciales, n’est-ce pas l’éditeur qui trace aussi la composition
pour qu’elle soit en rapport avec le texte, n’a-t-il pas fallu encore
rechercher les endroits les plus saillants et ceux qui flatteront le mieux le
lecteur, en complétant la pensée de l’auteur.…N’est-ce pas la vigilance et
l’habileté de l’éditeur, cheville ouvrière de tous ces travaux, qui amène à
perfection un livre… ? , ‘Gérard Blanchard, ‘Curmer ou la leçon d’un
grand éditeur romantique « » , « Le
courrier graphique : Revue des arts graphiques et des industries qui s’y
rattachent, 27(1962), p.48 »6.

1.2.        
Le
 Café  de Surate :

 

        Le
café de Surate est une nouvelle publiée en 1790.

Un théologien  ayant 
perdu la foi parce que Dieu n’as pas satisfait ses ambitions :
« Ainsi le docteur … était venu … à croire que c’était non sa propre
intelligence qui n’existait plus, mais celle qui gouverne l’univers »,
entre dans un café à Surate et pose
aux personnes présentes la question de l’existence
de Dieu. Les convives, tous de confessions différentes (d’abord un
« noir » fétichiste, puis un « brame » (brahman), puis un
juif « un Israélite », un Italien (catholique), un « ministre
protestant » et enfin un « turc » (musulman), prennent tour à
tour la parole pour affirmer que leur religion est la seule vraie. Comme
personne ne s’étend, on se tourne vers le disciple de Confucius, qui jusque-là
avait gardé le silence. Celui-ci raconte une querelle similaire dont il avait
été témoin entre des gens d’origines différentes prétendant que le soleil
brille sur toute la terre. De même, dit-il, chaque religion tente de s’approprier
Dieu, alors que celui-ci se manifeste à tous par

 

1.     
Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie suivi de la Chaumière
indienne et de la Flore, Club des
librairies de France, reproduction en fac-similé de l’édition Curmer de 1838,
Paris 1962.

 

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